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La FFER a initié pour la CEPREP une étude européenne sur la place des parents dans les espaces de rencontre. Doit-on faire une place aux parents ? La leur laisser prendre ? Écouter leur demande de la prendre ? Ou anticiper sur elle? … ? Voici / On trouvera ici le volant français de l’étude.
Face à la diversité culturelle dans les espaces de rencontre, la position de l’intervenant met en tension deux volontés apparemment contradictoires : ignorer la différence d’origine ou en tenir compte L’hypothèse proposée est que cette position de l’intervenant constitue le reflet d’un empilage de représentations, elles- mêmes paradoxales, qu’engendre la diversité culturelle telle qu’elle se présente dans les espaces de rencontre. Ce qui pose problème, c’est moins la diversité culturelle elle-même que les a priori dont elle fait l’objet dans les représentations des professionnels qui y envoient ou y accueillent les familles, dans les représentations des familles sur elles-mêmes et enfin dans celles que se font les familles sur ce qu’on attend d’elles.
Intervention de Bernadette Le Mest, médiatrice, intervenante à l'A.O.G.P.E.-placement familial- à Bordeaux. Journée d'étude régionale, Lyon 30 novembre 2009.
Les intervenants des espaces de rencontre ne font guère de différences suivant que le parent visiteur est un homme ou une femme. Pour eux, c’est l’intérêt des enfants qui prime. Pourtant, l’activité des espaces de rencontre est marquée par un profond déséquilibre au regard des sexes. La femme n’y apparaît-elle pas le plus souvent dans la position du parent hébergeant ? Pourquoi si peu de femmes visiteuses ? Ce déséquilibre renvoie aux décisions prises au moment du divorce et, plus généralement, à la répartition des rôles masculin et féminin dans la société. Il s’agit, dans ce texte, d’interroger ces évidences en se référant à la perspective des rapports sociaux de sexe. Les espaces de rencontre apparaissent alors sous un jour différent : en contribuant à restaurer des hommes dans leur paternité, ils interviennent, qu’ils le veuillent ou non, dans les rapports de force entre les sexes.
A partir du constat d’une tendance encore légère à favoriser l’égalité homme – femme dans la résidence principale des enfants, la question est posée d’une spécificité du lien mère - enfant.
La difficulté à gérer l’ambivalence chez l’enfant est amplifiée par une séparation conflictuelle et amène certaines mères, après avoir souvent été idéalisées, à connaître un véritable bannissement.
Mais l’hypothèse est ici soutenue que le lien mère – enfant, quand il est construit sur une relation précoce de grande proximité durant les premiers mois de la vie du bébé, peut, plus probablement que le lien père – enfant, survivre à de tels phénomènes de rejet liés à des séparations complexes.